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Législatives dans les Alpes-Maritimes : qu’est ce qui change dans la géopolitique locale

Après ces législatives aussi surprenantes soient-elles, il apparaît intéressant de s'interroger sur les changements géopolitiques qui en résultent. Faisons un zoom sur notre comté maralpin : quelles seront les conséquences de ces résultats ? C’est ce que nous allons essayer de décrypter dans cette analyse...
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 La Bérézina Estrosienne. 

Après qu’ils aient posé en photo au côté de Christian Estrosi, Manuel Valls, Marine Brenier et Graig Monetti ont été battus. A se demander si notre Baron métropolitain ne serait pas devenu la nouvelle scoumoune de la politique locale… 

De fait, le résultat des législatives dans les Alpes Maritimes confirme que la stratégie adoptée par le Maire de Nice n’a pas été la bonne. 

En effet, depuis qu’il a embrassé la cause marconiste et une présence médiatique importante depuis les présidentielles, Christian Estrosi a préféré snober les marcheurs de la première heure. Ces derniers, qui ont très bien compris ce qu’il se mijotait en coulisses avec l’arrivée des proches ou sympathisants Estrosiens de dernière minute à la place de marcheurs convaincus, n’ont pas participé à la campagne. Et le choix du Maire de Nice n’a effectivement pas du tout payé a la vue des résultats au soir du second tour. Si nous prenons en compte les moyens déployés : inaugurations à tout va, communication à outrance, présence tous les deux jours auprès des candidats etc… nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’un échec cuisant. La défaite de Marine Brenier dans la 5ème circonscription a été un coup dur pour lui, fief dont il était le seigneur depuis 1988 (avec un petit détour de quelques mois dans la 2ème en 1993).

Mais avant d’affirmer un affaiblissement total ou que le système périclite, Christian Estrosi reste le maire de Nice et le Baron Métropolitain pour les 4 prochaines années. Il reste tout puissant. Il aura, par contre, réussi à renforcer son opposition alors que l’objectif premier était de mettre définitivement hors-jeu le Baron de Vesubia, Éric Ciotti. Ce dernier, aidé par la nouvelle député Christelle d’Intorni, n’hésitera pas à le pilonner à la moindre occasion. Des changements seront à prévoir concernant les élus niçois. Philippe Pradal, seul rescapé de cette déroute et occupé à l’Assemblée, devrait logiquement voir ses délégations transférées à quelqu’un d’autre, et Marine Brenier, qui était conseillère municipale et député, pourrait récupérer un service. 

Le Maire de Nice et Président de la Métropole devra faire attention pour les années à venir, et se remettre en question. Les municipales, sont, certes, dans longtemps, mais une victoire comme une défaite se préparent par une accumulation de décisions qui pourraient ou non le desservir pour l’avenir. 

La Résurrection des Républicains par la Nouvelle Énergie.

Après une campagne présidentielle calamiteuse, nos Républicains locaux jouaient leur survie lors de ces législatives. Éric Ciotti qui était sous pression, a pu sabrer le champagne au soir du second tour. Envoyé dans ses retranchements, empli de doutes, ce fut un soulagement pour lui quand il apprit qu’il était réélu pour un quatrième mandat, et il se trouva encore plus joyeux de la prise de la 5e circonscription par la maire de Rimplas. Un symbole fort. Si le fait qu’il aille boire son café devant la mairie au lendemain de ces succès nous fait doucement sourire, la route est encore longue avant les municipales. La présidence LR peut être un objectif intermédiaire pouf lui. Pour l’instant, il ne pourra que pilonner de loin. Il pourra s’appuyer sur une opposition forte au niveau national pour essayer de contrecarrer les volontés du Maire de Nice, dont celle du possible démantèlement du Conseil Départemental. 

Mais la vraie victoire des Républicians vient de l’ouest du département. Grâce à une forte implantation, ils ont pu renforcer leur assise sur cette partie de notre Comté. Éric Pauget, Michèle Tabarot et Alexandra Martin, n’ont pas été inquiétés. Il est intéressant de constater le score monstrueux de cette dernière, dont le suppléant David Lisnard a sans doute assuré une présence de poids. Le Maire de Cannes pourrait lui aussi prétendre à la présidence LR mais il préfèrera certainement s’occuper de sa ville et de l’AMF. L’unité républicaine affichée dans l’Ouest du département permet d’établir un certain équilibre politique face à l’ogre métropolitain. 

Le Rassemblement National, la surprise maralpine.

Oui, ne nous le cachons pas, la victoire des trois candidats du Rassemblement National est une surprise. Bonne ou mauvaise, chacun jugera en fonction de sa sensibilité, mais géopolitiquement parlant, cela a des conséquences dans notre département. Appuyés par un rejet national de la politique macronienne, Alexandra Masson, le jeune Bryan Masson et Lionel Tivoli ont su mettre sur la touche les candidats de la majorité présidentielle. La stratégie des autres partis politiques de ne pas appeler à voter pour les candidats macro-estrosiens a payé. Alexandra Masson va pouvoir construire son assise sur l’Est du département, particulièrement à Menton. Bryan Masson met un coup d’estocade à l’assurance prétentieuse des pro-Estrosistes de la 6e circonscription. Un hypothétique rapprochement avec Philippe Vardon, anciennement Rassemblement National, pourrait être envisagé quand les batailles municipales arriveront. A ce jour, observons seulement comment ces nouveaux députés pèseront sur la géopolitique locale.

Les NUPES, de l’espoir à la déception.

Pour la première fois depuis 2001 (année où Patrick Mottard, alors leader de la gauche nissarde et depuis rentré dans le giron estrosiste, avait frôlé de remporter la mairie de Nice), l’espoir était revenu à gauche dans notre comté. Après le premier tour, vint de le temps de la déception. Les NUPES ne bouleverseront pas la géopolitique locale, mais auront à cœur d’essayer de bâtir quelque chose sur le département. Sous réserve que leur union fragile ne vole en éclat dans les semaines ou les mois à venir. Rappelons tout de même que les nuances de rose, de rouge et de vert sont très volatiles dans notre comté, et que malgré cette union historique éphémère, il n’est pas certain qu’elle réapparaisse de nouveau.

Conclusion.

Les faits marquants de ces législatives resteront la défaite du clan Estrosien, l’arrivée des élus du Rassemblement National et le renforcement de l’assise des Républicains dans notre comté. Il n’y a pas de changements géopolitiques majeurs compte tenu que les députés fraîchement élus devront assumer leur devoir à l’Assemblée Nationale, loin de chez nous. La vie politique va reprendre tranquillement son cours. Les législatives n’ont été que les prémices des batailles municipales à venir mais il est certain que nous entrons dans une nouvelle ère dans la guerre des 3 Royaumes. 

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