Soumettre une info 📰

J.-C. Picard : la moralisation de la vie politique, le chemin est encore long…

Elu d'oppositon à Nice, ancien président de l'association Anticor, auteur du livre Le Colère et le Courage, Jean-Christophe Picard nous parle de moralisation de la vie politique et estime que la lutte contre la fraude et la corruption constituent une urgence pour la France.
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin

EDM – Comment votre combat a-t-il commencé ?

Jean-Christophe Picard – Nous avons créé Anticor le lendemain du 21 avril 2002, à la suite de l’accession de Jean Marie Le Pen au second tour de la Présidentielle, car cela nous a semblé être un coup de semonce. A l’époque, Le Parisien s’était moqué de l’association qui « affirme sérieusement vouloir « mettre un terme aux pratiques clientélistes et illégales« , et « restaurer l’exemplarité ». Rien de moins ! ». Nous avions peu de moyen, nous étions 22, aujourd’hui nous sommes 7 000 adhérents, nous disposons de 400 000 euros de budget et nous sommes impliqués dans plus de 150 dossiers. Nous faisons beaucoup moins rire, surtout ceux qui sont visés par nos plaintes. Mais surtout, les citoyens se sont mobilisés pour dire : ce qui s’est passé en 2002 n’est pas normal, il faut réhabiliter la démocratie représentative. Nous n’étions pas anti élus. Nous disions qu’il fallait détecter les pourris et les retirer du circuit. Mais la situation a continué de pourrir, le FN a continué à monter, aujourd’hui Marine Le Pen est systématiquement au second tour et cela semble normal à tout le monde et nous nous retrouvons avec 89 députés RN.

Les électeurs ont-ils émis un vote sanction à l’encontre d’un gouvernement qui ne répond pas aux attentes des citoyens et qui multiplie les affaires ?

Il y a eu tant d’affaires qu’on ne peut plus les énumérer : Benalla, Ferrand, Alsthom, Alexis Kohler… Les électeurs sont si dégoûtés que, déjà, il y en a beaucoup qui ne votent plus. Aux législatives, 54% d’abstention, c’est anormal. Ensuite, ceux qui votent expriment parfois un vote dégagiste. C’est comme ça que Macron a été élu en 2017. Il sortait de nulle part, on ne le connaissait que depuis 2 ans, c’est assez rare sous la Ve République de devenir Président au bout d’une existence politique de 2 ans. Les électeurs ont voté pour lui pour dégager les autres, notamment Fillon, mais aussi pour faire disparaître le RN. Souvenez-vous des tweets de Castaner qui annonçait en 2017 : « La vraie victoire sera dans 5 ans quand le vote extrême n’existera plus. ». Et puis les gens ont été déçus par Macron. J’avoue que je ne m’attendais pas à grand-chose mais j’ai quand même été très déçu ! Entre les conflits d’intérêts, les ministres mis en examen, Ferrand visé par une plainte déterrée par Anticor et qui est élu Président de l’Assemblée Nationale ! Tout cela était fou. Du coup, le vote dégagiste cette fois-ci s’est incarné dans Marine Le Pen. Mais le vote dégagiste n’est pas sain. C’est comme ça qu’on arrive un jour avec un président ou des élus qu’on n’avait pas vraiment envie d’avoir.

Il faut donc réhabiliter la démocratie participative. Il n’y a pas que des pourris, il existe des élus formidables. Il n’y a pas que des Balkany. Olivier Marleix, par exemple, qui a pris la présidence du groupe LR à l’Assemblée, s’est illustré en dénonçant courageusement le scandale Alsthom. Dans n’importe quel autre pays au monde, le Président de la République serait jugé pour haute trahison. On a bradé la souveraineté énergétique du pays. Olivier Marleix s’est engagé à dénoncer ce scandale et il ne s’est pas fait que des amis. Certes, il bénéficie de l’immunité parlementaire, qui lui permet de dire des choses qu’Anticor ne peut pas dire. Nous sommes sur des faits extrêmement graves. L’affaire Alexis Kohler, dont Anticor a également empêché qu’elle soit enterrée, est extrêmement grave. C’est le numéro 2 de l’Etat, car on connaît mal le rôle du secrétaire général de l’Elysée mais en réalité c’est le personnage le plus puissant après le Président de la République, et il se trouve mêlé à un conflit d’intérêts en défendant ceux d’une entreprise à laquelle il est lié. C’est fou.

Question : Ce vote dégagiste s’est également exprimé au niveau du département des Alpes-Maritimes, où on a vu quasiment tous les candidats estro-macronistes battus, et notamment trois candidats RN sortir des députés sortants ou des élus.

Nous avons vu des candidats totalement dépourvus d’implantation se retrouver députés, ce qui est inhabituel dans des législatives. En général, pour être élu député, il faut avoir au moins un petit ancrage local. Les électeurs ont donc exprimé une grande colère, et comme il n’y a plus d’élection pendant deux ans, cette colère va peut-être s’exprimer autrement, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle. Nous assistons à la hausse des prix des produits de première nécessité, on subit l’inflation, on connaît la pénurie ! Il y a des pénuries partout ! On manque de tout ! Et dans le même temps, nous évaluons le coût de la fraude fiscale et de la corruption pour la France à 200 milliards par an. Il y a 200 milliards à récupérer chaque année ! Seules les associations et les militants anti-corruption apportent des solutions. Le déficit de la France est légèrement inférieur à 161 milliards, donc si nous récupérions l’argent que nous perdons à cause de la corruption ou de la fraude, nous serions en excédent budgétaire. Il n’y a que là où nous pouvons prendre de l’argent. Nous ne pouvons plus augmenter les impôts. Nous ne pouvons plus baisser les prestations sociales. Nous ne pouvons plus dégrader le service public. Il faut donc mettre en œuvre une stratégie pour récupérer cet argent.

Où se situe principalement cette fraude ?

80 Millards c’est la fraude fiscale. Pour la combattre, il faut peser sur l’Europe et sur le monde. Il existe environ 30 paradis fiscaux dans le monde. Il faut mettre en place ce qu’on appelle l’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS) : c’est un système où chaque État applique son taux d’imposition national à la part des bénéfices de l’entreprise réalisés sur son territoire. La solution est connue. Au niveau national, il y a trois choses simples à faire. La première, c’est la transparence sur les chiffres. Ceux que je donne sont des estimations réalisées par le Parlement européen en ce qui concerne la corruption, et pour la fraude fiscale, par le Syndicat Solidaire Finances Publiques, c’est à dire des agents du ministère des Finances, ce sont des gens compétents. Mais l’Etat refuse de fournir des chiffres officiels. Darmanin puis Macron s’était engagé à donner une estimation officielle de la fraude fiscale, mais cette promesse n’a jamais été tenue. Nous sommes dans le déni. De même, il n’y a pas de suivi des signalements faits par la Cour des Comptes ou par la Commission des Comptes de Campagne et des Financements Politiques (CNCCFP). Nous ignorons ce que deviennent les signalements, si des enquêtes ont été ouvertes, s’il y a eu des condamnations… Nous sommes dans le flou. Le problème est ainsi minoré en France parce qu’il n’y a ni chiffres ni suivis. Alors quand dans d’autres pays, en Italie par exemple, il y a des chiffres officiels.

Sur 7,5 dossiers, il y a 5 classements sans suite.

Deuxièmement, il faut renforcer les moyens de lutte contre la corruption. En France, au contraire, il y a de moins en moins de vérificateurs fiscaux, de moins en moins de Procureurs. En termes de nombre d’habitants et de compétences, nous avons les Procureurs les plus débordés des 47 pays membres du Conseil de l’Europe. Ce qui aboutit en moyenne à 5 classements sans suite sur 7,5 dossiers. L’OCLCIFF, le principal service enquêteur du Parquet national financier, est saturé selon la Cour des comptes.. Au Parquet National Financier, il existe 25 postes, seulement 18 sont pourvus. Un rapport parlementaire a démontré que les carrières en sont pas valorisées et qu’il y a a un découragement de la part des inspecteurs qui luttent contre la délinquance politico-financière, et pour dire les choses clairement, si un agent fait bien son travail et soulève des gros lièvres, on ne va pas forcément le féliciter ! Ceux qui le font n’auront pas une belle carrière. Il faut donc revaloriser la carrière des fonctionnaires et mieux les protéger. On voit des choses bizarres dans certaines affaires.

Enfin, ce qu’Anticor réclame le plus, c’est de mettre en place des Procureurs indépendants. Aujourd’hui, le Parquet est sous la tutelle hiérarchique du ministre de la Justice, qui est souvent un ministre très politique. Les nominations, les promotions, dépendant notamment du ministre de la Justice. Et il existe un système officialisé qu’on appelle la remontée d’information, qui oblige les Procureurs à faire remonter au ministre de la Justice les informations sur les affaires sensibles. Ainsi le parti au pouvoir dispose d’informations de première main sur ses ennemis, mais peut aussi faire plaisir à ses amis. C’est ce qu’à fait Jean Jacques Urvoas,  qui avait transmis des informations à son ami Thierry Solère sur une enquête pour fraude fiscale le visant et qui a été condamné par la Cour de Justice pour ces faits. Le Procureur détient le monopole des poursuites. Donc avoir la mainmise sur le procureur peut permettre d’enterrer une affaire.

On a vu cependant une exception à la suite de l’affaire Cahuzac. Cahuzac a involontairement fait énormément pour la lutte contre la corruption et la fraude ! En réaction à cette affaire hors norme qui avait écœuré toute la France, le Gouvernement a créé le Parquet National Financier, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique et a donné la possibilité d’agréer les associations de lutte contre la corruption, qui pouvaient ainsi se constituer partie civile et ainsi empêcher qu’un dossier soit enterré contre la volonté d’un Procureur en transmettant le dossier à un juge d’instruction, qui, lui, est indépendant. En 2013, les associations anti-corruption vivotaient. Anticor suivait 5 dossiers, avait peu de moyens, comptait environ 1000 d’adhérents. Et Transparency International et Sherpa en avait encore moins ! Nous étions très faibles, c’était donc très symbolique de donner aux associations la possibilité de déterrer les affaires politiques puisqu’elles n’avaient pas les moyens de le faire. Mais, par la suite, Anticor s’est développé considérablement et je n’y suis pas pour rien puisque j’ai président cette association de 2015 à 2020. La nouvelle équipe est formidable Il y a désormais près de 6 000 adhérents et l’association est impliquée dans 135 procédures ! 

Du coup, on a clairement tenté de débrancher Anticor, il y a un an, au moment du renouvellement de l’agrément. Il y a eu une campagne de presse orchestrée par Le Point et le JDD. Je constate aujourd’hui que le journaliste du Point, contre lequel j’ai porté plainte en diffamation, a été mis à pied et va être licencié, suite à une énième diffamation. Le directeur du JDD a été limogé. Mais cette campagne a été terrible, on a eu dix articles dégueulasses en dix semaines. On nous reprochait de ne pas diffuser la liste de nos donateurs, mais ce serait illégal. La CNIL nous l’a confirmé dans un courrier adressé à Anticor. Aucune association, aucun parti en France ne communique la liste de ses donateurs.

On a voulu nous débrancher à un an des Présidentielles.

L’association a dû transmettre 80 pages de réponse aux questions posées dans le cadre du renouvellement de l’agrément. Mais ils ne sont pas arrivés à débrancher Anticor à un an des élections présidentielles, notamment suite à une forte mobilisation des autres associations et ONG. Notre agrément a donc été renouvelé après beaucoup de tergiversations. Ils avaient essayé de débrancher Sherpa avant nous. Sans nous, il n’y aurait pas eu d’affaire Ferrand, pas d’affaire Kohler, pas d’affaire Sarkozy en ce qui concerne les sondages de l’Elysée. C’est sans doute nous qui avons fait condamner Chirac dans l’affaire des emplois fictifs. Rappelez-vous qu’il n’y avait pas de partie civile dans cette affaire, hormis Anticor. Curieusement, personne ne s’était sentie lésé par la rémunération des emplois fictifs, même pas la ville de Paris !

La presse n’a-t-elle pas aussi un rôle à jouer ?

La presse a un rôle essentiel pour la moralisation de la vie politique, puisque c’est à elle d’informer le citoyen. Mais il y a plusieurs problèmes. Premièrement, nous sommes sur des affaires compliquées. L’affaire Alsthom ou celle des radars automatiques, n’ont guère intéressé la presse parce qu’elles étaient trop compliquées. En revanche, l’affaire Agnès Saal (ndlr : énarque, ancienne directrice de l’INA, condamnée pour s’être octroyée pour elle et son fils des frais de taxi démesurés lorsqu’elle dirigeait le centre Georges Pompidou), qui portait sur 40 000 euros a eu 80 articles et des dépêches traduites en anglais. Il y a donc un vrai souci de formation des journalistes. La corruption, les conflits d’intérêts, le favoritisme, c’est compliqué. Le lecteur lui-même n’est peut-être pas suffisamment formé, donc le journaliste se dit que les lecteurs ne vont pas suivre. Ensuite, j’ai eu beaucoup de déconvenues avec les médias audiovisuels parce qu’ils font un reportage sur 2 ou 3 mois et ils veulent le début et la conclusion d’une affaire dans ce laps de temps, alors que nous sommes sur des affaires qui durent 10 ou 20 ans. En plus, dans ce type de sujet, beaucoup de gens ne veulent pas être filmés ! 

La presse doit-elle adapter sa manière de traiter ces thèmes de manière à susciter aux citoyens l’envie de s’intéresser et de s’instruire ?

Il y a le problème de l’indépendance des médias. Mais il existe heureusement en France plusieurs indépendants et de qualité. Et il semble que certains médias traditionnels se lancent dans l’investigation. Mais le citoyen français semble ne pas comprendre le lien qui existe entre la corruption et la baisse de son propre pouvoir d’achat. En France, on recycle des personnes qui ont eu des comportements qui, dans les pays anglo-saxons ou en Scandinavie, auraient été sanctionnés. On l’a vu lors de la présidentielle et des législatives : la question de la moralisation de la vie politique a été très secondaire, et c’est un euphémisme. Comme les citoyens ne s’y intéressent pas,  les candidats ne s’y intéressent pas, et encore moins après les élections. Pourtant, 200 milliards par an, c’est 3 000 euros par habitant. Ça veut dire payer plus d’impôts, des prestations sociales à la baisse et des services publics de moins bonne qualité. L’impact est donc colossal pour les citoyens, mais les gens ne font pas le lien. Dans les autres pays, partout dans le monde, la première revendication, c’est la corruption. En France, les Gilets Jaune ont parlé de la taxe sur l’essence mais pas de corruption. Il y a eu un sondage IFOP en 2017 un mois avant la présidentielle, on demandait aux Français quelle devait être la qualité première d’un Président de la République : 65% ont répondu qu’il doit être honnête. Cela signifie donc que 35% des Français, un tiers, pensent que si le Président est malhonnête, ce n’est pas grave. Ils ne se rendent pas compte qu’au bout du compte, ce sont eux qui paient.

J’évoque dans mon livre mon livre « La Colère et le Courage » (éditions Armand Colin) la fraude agricole en Corse. Certaines aides versées sont indues à hauteur de 100%. Certains éleveurs n’hésitent pas à déclarer des daims, lamas ou alpagas pour percevoir de juteuses subventions de l’Union européenne ! De temps en temps, la Commission européenne demande à la France de rembourser. Pour la période 2009-2017 la France a remboursé 2,8 milliards pour des aides versées sur tout le territoire national. Mais lorsque la France rembourse 2,8 milliards, ce ne sont pas ceux qui ont magouillé qui paient, c’est nous, ce sont les contribuables. Jamais on n’a demandé à ceux qui en ont profité de rembourser. Quand l’Europe a réclamé un nouveau remboursement, en 2015, Stéphane Le Foll, qui était ministre de l’Agriculture, a immédiatement déclaré : « Les agriculteurs ne seront pas comptables de cet apurement » !

Peut-on espérer des changements à la rentrée ?

Je pense que la fin de règne de Macron a commencé au lendemain de son élection. De toutes façons, le système n’est pas viable. On a pillé la planète, les Etats n’ont plus d’argent, même certaines banques n’en ont plus. Tout le monde est au bord de la faillite à part quelques particuliers.  Surtout, les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Évidement, cela ne peut pas durer. II y aura forcément un changement, de manière forcée ou prévue. Nous souhaitons que ce changement démarre le plus tôt possible afin qu’il soit maîtrisé. On a vu l’Arménie changer de gouvernement en trois semaines sans verser une goutte de sang. Tout est possible, et nous sommes certainement la génération qui verra ce changement, parce que nous sommes la génération qui subit tous les problèmes : dérèglements climatiques, pandémie, pénuries…

Plus on associe les citoyens, moins il y a de corruption.

Nous avons des solutions pour aller vers un  nouveau modèle: moraliser la vie politique, associer les citoyens aux décisions. On se rend compte que plus on associe les citoyens, moins il y a de corruption, et plus les gens sont heureux. Il existe un indice international du bonheur, qui montre que les gens les plus heureux sont les habitants des pays scandinaves. Parce que justement il y existe une forte transparence, donc une faible corruption, et les richesses sont mieux réparties. Par exemple, les étudiants bénéficient de bourses élevées. On ne construit pas n’importe quoi n’importe comment. Nous, on a la Villa Méditerranée à Marseille qui a coûté environ 100 millions et on ne sait toujours pas à quoi elle sert….

Le changement ne nécessite-t-il pas du temps ?

Pas forcément, il suffit d’une étincelle. Le Printemps arabe est parti de la confiscation de la marchandise d’un vendeur ambulant. Mais pour arriver à un résultat à partir d’une étincelle, il faut être prêt, il faut qu’il y ait des gens en capacité de proposer quelque chose. Le mouvement des Gilets Jaunes n’a pas fonctionné parce qu’il n’avait pas suffisamment structuré des revendications.

Pensez vous que des gens sont prêts à mettre le changement en oeuvre ? 

Oui. C’est pour cela qu’Anticor remet chaque année des prix éthiques. Nous ne sommes pas que dans la dénonciation des scandales. Il y a des politiques, des journalistes, des auteurs, des chercheurs, des lanceurs d’alerte formidables, qui font leur boulot, qui font des thèses. Nous disposons des ressources humaines pour mettre en œuvre le changement.J’ai remarqué que parmi toutes ces personnes distinguées par Anticor depuis 2015, aucune n’a reçu la Légion d’honneur. Il y a pourtant des personnalités extraordinaires, comme René Dosière, Elise Lucet. La république considère donc que tous ces gens qui ont lutté contre la corruption, tous les personnes qui ont fait économiser des milliards à la France en dénonçant des fraudes fiscales, comme Stéphanie Gibaud qui a permis de récupérer 8 milliards dans l’affaire UBS, ne doivent pas recevoir la Légion d’honneur. Alors qu’on la décerné parfois à des personnes qui ont eu maille à partir avec la Justice.

Le résultat des élections législatives peut-il contribuer à ce changement ? 

C’est une question de rapport de forces. Nous avons toujours dit, à Anticor, que les élus qui ne se remettent pas en cause vont disparaître, comme les dinosaures. Ça a commencé en 2017, puisque les partis dit « de gouvernement » ont cessé de gouverner. Nous sortons d’une époque où la majorité à l’Assemblée était toujours d’accord avec le gouvernement et votait tout ce qu’on lui demandait. C’était les députés playmobil. Et ils votaient systématiquement non à toutes les propositions de l’opposition, quelles que soient ces propositions. Il y en avait même qui se trompaient de vote parce qu’ils ne comprenaient rien à ce qu’ils votaient, c’était ridicule. Macron va devoir changer de modèle. Soit on fonctionne sur une majorité d’idées, comme aux Etats-Unis, et les partis vont voter en fonction de l’intérêt du projet et non en fonction de celui ou celle qui le propose. Sinon il y aura une dissolution, ou une démission de Président. En tout cas, on va moins mépriser les députés minoritaire. Il y aura moins d’arrogance, parce que pendant 5 ans, Macron s’est comporté d’une manière délirante. Et on écoutera aussi peut-être un peu plus les Français. Sinon ils vont s’exprimer dans des mouvements sociaux. Il y a des mouvements sociaux partout dans le monde, pourquoi n’y en aurait-il pas en France ? On a distribué des chèques pour calmer la grogne sociale, mais au bout d’un moment ça ne marche plus. Être pauvre dans un pays pauvre, c’est supportable. Être pauvre dans un pays riche, où en plus on voit les riches s’enrichir de plus en plus, parfois de manière déloyale, c’est insupportable. Autrefois, on disait que le Président disposait d’un état de grâce, de 100 jours pour accomplir des réformes, aujourd’hui il est déjà en disgrâce.

Il faut deux ingrédients pour accomplir le changement : la colère et le courage. La colère face aux choses telles qu’elles sont, et le courage nécessaire pour les changer. La colère, c’est clair, elle est là. Le courage, ceux qui ne l’ont pas encore vont bien devoir le trouver.

⚡️La sénatrice Alexandra Borchio, la députée Michèle Tabarot et le Maire de Grasse Jérôme Viaud interpellent le ministre de l’Economie pour soutenir le parfumeur de Grasse Fragonard Parfumeur, candidat depuis 2016 au label « Entreprise du Patrimoine Vivant ».

⚡️ La construction du Pôle Innovation de Sophia Antipolis (8700m2) a été attribuée au groupement GCC. Livraison prévue : 1er semestre 2025. (NM)

Voir plus...