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Tribune Libre d’Arthur Meyer-Abbatucci : « Comment imaginer notre territoire de demain ? »

Comment imaginer notre territoire de demain ? Voilà une bonne question à laquelle tous nos élus de notre territoire se grattent les méninges. Arthur Meyer Abbatucci nous donne sa vision à travers une angle de vue très intéressant.
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La Communauté d’Agglomération de Sophia-Antipolis ©CASA

Par demain, on se projette et l’on planifie jusqu’en 2040 dans un monde qui change.
Les Grecs après avoir fondé Massalia s’installèrent à Antibes avant J-C afin d’y créer un comptoir nommé Antipolis, la ville d’en face. Antibes devient ensuite romaine en 48 après la victoire de César face à Pompée, se dote de théâtres, amphithéâtres, d’une agora, de thermes, d’aqueducs et d’arcs de triomphe, vit principalement de la pêche ainsi que du transit de vins, d’huiles et de céramiques. La voie Aurelia permet alors le développement économique de la cité. Le rattachement de la Provence à la France a lieu en 1481, les guerres se succédant la priorité est alors à l’édification de tours et de remparts et Vauban redessine les fortifications de la Cité. Le caractère provençal (1) de l’actuel territoire de la CASA reste fort comme en attestent les différents marchés provençaux, véritables lieux de vie matinaux. Au siècle dernier, une partie des vieux remparts fut démolie, Juan-les-Pins devient une véritable station balnéaire et l’ensemble de la Cote d’Azur de plus en plus touristique,le chemin de fer les technologies se développent…

Car le territoire de la CASA est loin de n’être constitué que d’Antibes mais aussi de communes comme Biot ou Valbonne. 24 communes qui regroupent 180 000 habitants, du littoral à l’arrière pays et en son cœur la technopole de Sophia Antipolis et ses 38 000 salariés. La question de la répartition des emplois entre cette technopole et le reste du territoire de la CASA a également été posée. On le voit, à travers l’histoire, l’aménagement du territoire correspond aux priorités du moment. L’être humain devenu sédentaire mais tout le temps en mouvement a de tout temps aménagé le territoire au sein duquel il vivait. L’augmentation des espaces naturels, des espaces verts et des ilots de fraicheurs sont aujourd’hui les remparts naturels face à l’élévation des températures. La priorité du XXIème siècle est connue, il s’agit de répondre au défi du dérèglement climatique qui prend ici des manifestations concrètes (augmentation de la température de la mer Méditerranée, canicules, sécheresse, épisodes méditerranéens et inondations). Ce changement climatique déjà commencé est de plus irréversible. La préservation de la ressource en eau et la gratuité des premiers mètres cubes d’eau, bien commun à l’humanité fait partie des enjeux du siècle.

Des échanges citoyens et constructifs ont ainsi eu lieu, et cette tribune libre n’est qu’une infime contribution à la réflexion collective nécessaire dans le cadre d’un débat ouvert autour de la végétalisation, de la piétonisation, de la nécessité d’installer des panneaux photovoltaïques en toiture, de la mobilité douce, de la pollution de la mer Méditerranée, du réchauffement climatique, de l’imperméabilisation des sols, de la transition énergétique et de l’aménagement de ce territoire magnifique situé entre mer et montagne.

Le territoire de demain afin d’être désirable devra impérativement respecter les milieux naturels, se verdir et être viable pour toutes les catégories sociales. En cela, la puissance publique doit jouer son rôle. Il faut pour cela encourager une implication citoyenne la plus forte possible dans la vie locale, notamment de la jeunesse, première concernée par les temps et défis à venir. Plus les citoyens s’exprimeront pour dire comment imaginer le territoire de la CASA en 2040 et quelles doivent être les priorités et plus le futur sera désirable grâce aux vertus de la participation citoyenne, de la concertation et de l’intelligence collective. L’attention doit se porter sur la jeunesse qu’il s’agisse de la recherche d’emploi, des activités culturelles et sportives ou de l’accès à un logement.

Imaginer un territoire pour le futur c’est penser à l’habitat, aux déplacements, à son développement économique, aux équipements sportifs et culturels, à l’aménagement du territoire, au développement durable, avoir en tête que l’eau est un bien commun des plus précieux, que la lutte contre les inondations et les feux de forets doit être anticipée. Il s’agit tout comme la gestion des déchets sont des enjeux locaux qui nous concernent directement. C’est penser l’élaboration du futur schéma de cohérence de l’organisation territorial, l’aménagement, l’urbanisme, l’organisation des déplacements de demain pouvoir travailler à proximité. La concertation et la prise en compte des avis citoyens sont justement ce qui permet de réhabiliter la politique mise à mal ces dernières années par l’application d’un néo-libéralisme autoritaire, vertical et centralisé (2) et de s’approprier les politiques environnementales.

La ville du futur se pense sans la pollution carbone, sans l’artificialisation des sols, sans la précarité, en misant sur les innovations et les énergies renouvelables. Les territoires maralpin particulièrement impacté par les épisodes caniculaires avec les ilots de chaleur cela implique de repenser les places, de végétaliser les villes qu’il s’agisse des façades ou de ce qu’il y’ a entre les constructions (3), des espaces collectifs conviviaux où l’on peut créer des discussions afin de régénérer le débat démocratique. La participation citoyenne c’est la démocratie en continu, la nécessité de revenir à des circuits courts à travers une réflexion sur le proche et le lointain, sur l’étalement urbain et la mobilité, sur l’impératif de protéger nos écosystèmes. Surtout, dans un territoire soumis au risque de pluies méditerrannéennes ravageuses, il est impératif de mettre le contexte climatique au centre de la pensée ce qui suppose de rompre avec le capitalisme fossile, de ne pas faire du greenwashing. Elle se pense en commun avec une importante proportion d’espaces verts et de logements sociaux tel que prévu dans le secteur des Combes qui fait l’objet d’un projet de développement durable. Elle se pense à travers les saisons avec des étés désormais systématiquement synonymes de sécheresse, d’incendie, de canicules.

A travers la réflexion collective, des priorités apparaissent s’agissant du territoire de la Communauté d’agglomération de Sophia-Antipolis. Citons quelques necessités : 

Réussir à loger les étudiants, les apprentis, les plus démunis, les personnes âgées, celles à mobilité réduite.
➤ S’atteler à la piétonisation des centre villes et à l’aménagement des pistes cyclables.
➤ Soutenir nos commerçants, nos artisans qui voient leurs factures d’électricité augmenter tels que les verriers à Biot qui subissent comme tant d’autres les conséquences dramatiques de l’inflation. On le voit, la souffrance sociale est un fléau pour le territoire.
➤ Créer des lieux de rencontre, de partage et d’échanges tels qu’une maison de quartier, d’une recyclerie, de jardins partagés sont d’autres idées permettant aux gens de se retrouver et d’échanger, de mettre en pratique les notions de solidarité, de collectif et de lien social. L’argent-roi, la compétition entre individus, l’individualisme, l’égoisme et l’absence d’empathie en vogue à la fin du siècle dernier sont désormais dépassés, ringardisés et c’est tant mieux. La prise de conscience d’évoluer vers une société d’entraide avec une vision à moyen et long terme, adaptée face aux défi du réchauffement climatique a eu lieu, les nouvelles générations sont lucides et cette prise de conscience doit désormais se concrétiser dans l’aménagement du territoire. Au cours du forum, une intervention pertinente a eu lieu dans le public, elle portait sur le fait de la nécessité d’admettre que oui d’une manière générale, on s’était souvent trompés dans la façon de voir les choses d’une manière générale dans les années précédentes.

Les thèmes sont liés, ainsi la politique des transports est directement liée à la pollution des airs, la gratuité du bus-tram, la ligne A qui reliera à terme la gare routière d’Antibes à celle de Biot et de Valbonne Sophia Antipolis est une satisfaction.
Il s’agit d’une mesure concrète d’écologie populaire puisqu’elle va inciter à prendre les transports en commun sans dépenser un euro et donc contribuer à améliorer la qualité de l’air.
La mobilité douce qui comprend les réseaux de transports collectifs, les chemins piétons et les pistes cyclables doit permettre une bonne desserte de l’agglomération pour les habitants sans se soucier du prix du trajet. Il est possible de relier le refus de la vie chère à l’amélioration de la qualité de l’air. On espère l’extension de cette gratuité à l’ensemble des autres lignes. A ce titre, LFI Antibes Sophia et le PCF Antibes Casa mènent actuellement une campagne commune pour demander l’extension de cette gratuité.

Penser le territoire, c’est aussi réfléchir sur le littoral et son adaptation face au changement climatique, prendre en compte l’incertitude pour reconsidérer notre rapport à l’aménagement du littoral. Les inondations (4), la montée des eaux et la pollution des plages et des fonds marins sont les principaux dangers, j’ai pu en montrer l’envergure lors d’une précédente tribune libre pour l’Echo du Mercantour. La problématique de la montée des eaux se pose notamment par rapport à la vulnérabilité des personnes et des infrastructures.

Du littoral aux montagnes : 
L’arrière pays comporte également de nombreux enjeux pour le futur. On pense à des communes comme Bar-sur-Loup, Tourettes sur Loup, Gourdon. Des interventions citoyennes de qualité lors des consultations locales et des enjeux spécifiques à l’arrière pays notamment la préservation des villages, de leur patrimoine et des espaces naturels, la gestion forestière, le développement du tourisme vert puisque le Haut et le Moyen pays accueillent environ 400 000 touristes par an.
Des discussions portant sur la nécessité d’inverser la tendance à la déprise agricole. La reprise agricole est nécessaire et passe notamment par une rémunération paysanne digne. Il convient d’engager la bifurcation écologique en la matière vers un modèle biologique et paysan, souverain, préservant la biodiversité, respectueux du travail des humains et résilient au dérèglement climatique afin d’assurer la souveraineté alimentaire.
Avec un salaire moyen actuel de 1350 € net par mois pour les ouvrières et ouvriers agricoles soit 42% de moins que le salaire moyen en France, la proposition d’augmenter le SMIC à 1600 euros net prend tout son sens pour rendre attractive la filière agricole afin de remédier au fait que souvent les agriculteurs et les agricultrices qui s’installent doivent attendre plusieurs années avant d’arriver au niveau du SMIC. Il en va de même pour l’instauration de prix planchers afin de garantir un revenu décent au monde paysan et de la redirection des investissements publics en faveur d’une agriculture biologique sans pesticides dangereux. L’accès au foncier agricole est un vrai problème dans l’arrière pays avec des prix exorbitants à l’achat pour des petites surfaces. Si la location est un moyen de pallier à ce problème, il est difficile de trouver des terres agricoles à louer. Certaines communes commencent à acheter des terres afin de permettre l’installation de projets agricoles, une démarche à encourager si l’on veut éviter la déprise agricole et permettre que l’agriculture se développe sur notre territoire.
La pression de l’urbanisation rend ici de plus en plus difficile l’accès à la terre, qui devient malheureusement un objet de spéculation dans le haut et moyen pays en raison de l’accaparement du foncier agricole. La préservation de ces terres, la lutte contre la spéculation, le recul de l’activité agricole par la défense et le renforcement d’une agriculture paysanne populaire et vivrière avec la création de nombreux emplois agricoles, le renforcement de notre autonomie alimentaire et la protection des forets, plateaux et cours d’eau présents dans l’arrière pays sont prioritaires.
Parmi les nombreux enjeux de l’arrière pays, celui de l’offre de transports adaptée à des territoires de faible densité afin d’améliorer les déplacements entre territoires voisins, la transition énergétique et le changement climatique avec notamment la sécheresse et le risque de manque d’eau dans les années à venir en raison des sources qui se tarissent.

Anticiper les crises et changer nos modes de production, notre façon de voir l’environnement. Il est urgent de comprendre que la vie future des territoires et de ses habitants est impossible sans une vision et une gestion collective de la biodiversité, de l’eau et de l’air affectés par toutes sortes de pollutions. Cela suppose de redonner aux collectivités locales des moyens humains et financiers pour faire face aux défis inévitables qui vont se poser à nous d’ici 2040.

By Arthur Meyer Abbatucci

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