Soumettre une info 📰

La chapelle Hierro : un joyau au pays des roches rouges

La chapelle Saint-Sauveur à Guillaumes a été revisitée par l'artiste Jean Antoine Hierro. Un joyau qui domine les gorges du Daluis. L'Echo du Mercantour revient sur le travail accompli de l'artiste avant son inauguration qui aura lieu les 1er et 2 octobre à Villeplane.
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin

La naissance d’un projet audacieux

Jean-Paul David, Maire de Guillaumes, Président de l’Association des Maires des Alpes Maritimes et Conseiller Régional, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, rencontre Jean-Antoine Hierro sur les conseils de Robert Roux, Adjoint à la Culture de la Ville de Nice et Conseiller Métropolitain, qui milite pour la réhabilitation des chapelles abandonnées du haut pays niçois. Rapidement, le courant passe et dévoile des valeurs communes entre l’artiste et le Maire de Guillaumes, intarissable sur les attraits de sa commune ! Les deux hommes poursuivent leur échange en visitant la Chapelle Saint-Sauveur, bâtie au XVIIème siècle et perchée au-dessus de Guillaumes. L’édifice déclenche chez Jean-Antoine Hierro un vrai coup de cœur ! Jean- Paul David, maire impliqué et enthousiaste, très attaché au rayonnement de sa commune, voit ainsi la possibilité d’offrir aux habitants de Guillaumes, un projet hors du commun. Il met alors tout en œuvre, avec l’engagement dont il fait preuve, pour que le projet voit le jour en confiant la réhabilitation de la Chapelle à Jean-Antoine Hierro. Cet artiste inclassable et singulier voué à la création et réalisation de projets qui sont salués par celles et ceux en quête de beauté, des collectionneurs avertis, mais aussi d’êtres qui recherchent une certaine forme d’harmonie et de pureté. Jean-Antoine livrera donc un ensemble d’œuvres conjuguant art contemporain, patrimoine historique et religieux, qui prendra place à l’intérieur de la Chapelle qui portera désormais son nom : la Chapelle Hierro.

L’artiste imagine alors de peindre des fleurs, pas n’importe lesquelles bien sûr. Des fleurs qui selon la Bible représentent l’épanouissement des âmes. Le symbole de la fleur est l’épanouissement de l’homme sur la terre. L’homme vit jusqu’au jour où il ouvre son cœur à la sagesse. Sans oublier qu’il vient de la nature, il est aussi l’un des prémices de la nature, comme Adam qui est né de la terre.
Les fleurs peintes par Jean-Antoine Hierro sont uniques, hybrides, composées de luxuriantes arabesques issues du mélange d’orchidées et de narcisses. Elles prennent place sur les murs latéraux comme un vrai chemin qui mène à la rédemption des âmes. En levant la tête, on découvre le plafond en voie lactée. Le cœur de la chapelle propose un vitrail de 7m en trompe l’œil qui sépare l’Enfer du Jardin d’Eden. Un serpent se fraie un chemin dans un buisson à la rencontre de la pomme, ici intacte, qui confère à ce Jardin d’Eden, une absence de péché originel. Sous les niches abritant deux statues, une Madone et le Sacré Cœur de Jésus, des fleurs éphémères, d’où s’échappent des coulures qui retournent vers la terre, symbolisant les pleurs des Madones, comme une allégorie qui illustre l’éternel recommencement. Pourtant la couleur est là, omniprésente, enveloppante, rassurante, symbole de la vie terrestre en opposition avec les ténèbres des enfers.

L’artiste s’est ainsi plongé 62 jours durant, dans la création de fresques, de vitraux en trompe l’œil et de voies lactées célestes. Il s’est nourri de cette spiritualité nécessaire à la quête de sens, de profondeur des choses. Cette recherche spirituelle s’est naturellement imposée dans ce Iieu empli d’âmes, religieux et sacré, en pleine nature. Jean-Antoine s’est naturellement mêlé au quotidien des habitants des communes de Guillaumes et de Villeplane et de leurs enfants, avec lesquels il a tissé des liens amicaux pendant ces 2 mois nécessaires à l’accomplissement de son œuvre, dans le respect du contexte patrimonial et religieux.

Les Gorges de Daluis, le Colorado Niçois

Les Gorges de Daluis, c’est la destination idéale pour tous ceux qui aiment se plonger dans une nature encore sauvage, à moins de 2 heures du littoral méditerranéen. Cette réserve naturelle régionale abrite de nombreuses espèces rares de plantes et d’animaux, dont certaines ne se trouvent que dans cette partie de la France. Elle constitue un itinéraire privilégié, apprécié des voyageurs du monde entier, à pied ou à dos d’âne, des amateurs de faune et flore sauvages, des bikers, des sportifs férus de trekking… C’est le départ de randonnées en étoile ou à la découverte des lacs du Mercantour, accompagnées de guides ou en toute liberté. Les plus téméraires seront servis : ils pourront s’essayer à de multiples activités de type canyoning, rafting ou escalade. Cet environnement unique et préservé, attire ceux et celles qui recherchent une certaine forme de paix et de dépaysement et les trouvent dans ce milieu naturel, hors du temps et des contraintes urbaines. Un écogite situé juste à côté de la Chapelle avec une construction respectueuse de l’environnement, accueille les randonneurs et même un village de yourtes pour déconnecter du monde moderne.

Qui est Jean-Antoine Hierro ?

Jean-Antoine Hierro est un artiste français d’origine espagnole, né en 1960 à Casablanca. Installé avec sa famille à Nice à l’âge de 13 ans, il découvre et arpente les nombreux musées et galeries de la Côte d’Azur. L’art devient sa passion principale auquel il consacre la majeure partie de son temps. Autodidacte, il présente sa première exposition personnelle à l’âge de 17 ans dans une galerie à Saint- Paul de Vence, où il est remarqué par un marchand d’art international. Durant six ans, ce mécène de la première heure acquiert la majorité de ses œuvres et organise de prestigieuses expositions à Paris et en Europe. En 1983, Jean-Antoine installe son atelier à New York puis à San Francisco. Le succès est au rendez-vous : il enchaine les expositions à Paris où il restera cinq années. Son envol le conduira ensuite à travailler dans un atelier à Cologne pendant une année.

Pourtant, la lumière unique, la douceur de la Riviera, son admiration pour les artistes de l’École de Nice et sa proximité avec les artistes contemporains, le rappellent à Saint-Paul de Vence et à Nice où il s’installe durablement. Il reste cependant à l’écoute d’opportunités internationales qui nourrissent sa passion pour les voyages, l’imprévu et les rencontres humaines. Il acquiert naturellement une notoriété méritée au regard de ses créations artistiques présentées dans des foires de renommée internationale comme Art Basel ou Chicago, expose à New York, Houston, Paris, au Château de Cheverny…

Il représente la France lors de l’exposition du Bicentenaire de la Révolution française à Galveston. Il investit le Château Grimaldi dans le village médiéval du Haut-de-Cagnes, pour une grande exposition personnelle. Entre 1985 et 1993, il choisit l’exil doré qu’offre les Caraïbes. La magie des îles va nourrir son esprit libre, en stimulant le créateur-aventurier qu’il a toujours été au fond de lui. Cette expérience scellera les fondations de son avenir d’artiste.

L’artiste Jean-Antoine Hierro

Il va puiser et rassembler dans la rupture, telles les pièces d’un puzzle qui se reconstituent par la force des éléments.
Pluridisciplinaire et très productif, il suscite l’engouement croissant d’une clientèle fidèle de collectionneurs qui trouvent en lui une polyvalence comparable à celle des artistes de la Renaissance lui conférant ainsi, une place enviable dans la catégorie des artistes inclassables.

Une nouvelle voie s’ouvre à lui via le design de mobilier de luxe jusqu’à devenir une composante majeure dans la continuité de son œuvre. Il imagine et signe plusieurs collections magistrales notamment pour la Maison Italienne « Colombo Style » dont il devient le créateur fétiche. Le succès est au rendez-vous, ses collections s’exportent à l’international. Cette réussite permet à Hierro de se consacrer à l’architecture et à l’architecture d’intérieur en réalisant des « maisons palais ». C’est à Miami, Moscou, Londres, Varsovie, New York, Monaco, Cannes et Saint- Jean Cap Ferrat que son talent d’inventeur de lieux d’exception va trouver sa pleine mesure.
Sans relâche, il va pourtant continuer d’explorer des chemins parallèles, le conduisant même à se plonger sans complexe dans la scénographie de grandes productions d’opéras, comme Aïda et Othello, de Verdi, où à l’Opéra de Poznan en Pologne, déroulant ainsi le fil qui relie toutes les formes d’arts : de la conception de décors, aux costumes, peintures et sculptures … Il livre alors un spectacle époustouflant, d’une élégance rare, qui dévoile son goût prononcé pour la sophistication et l’esthétisme.
Aujourd’hui, Hierro navigue et poursuit sa quête au quotidien au sein de ses ateliers du Sud de la France et de New York. Enfin, ponctuellement, il abrite son Art et ses évolutions, au cours de déplacements et de voyages aléatoires, exposant dans des lieux repérés au gré de ses intuitions. A la poursuite du « prochain projet », cet artiste inclassable et nomade, surfe lentement entre le calme et l’agitation du monde actuel, fidèle à l’image paradoxale et singulière qu’il se fait de lui-même et de l’être humain.